Acte 2 : Première régression hypnotique
Comme indiqué dans l'article precedent, il est arrivé un moment de ma vie ou j'aurais bien aimé me faire faire un petit coup d'hypnose, comme on voit dans les films, ou surtout comme j'avais lu dans certains livres sur les vies antérieures. Le genre de truc ou vous vous voyez en train de mourir, une fleche vous transperçant le coeur, avant de monter vers une lumière blanche...
Le problème, c'est que je savais parfaitement que je n'irais jamais faire ca. Je ne connaissais bien sûr aucun hypnothérapeute, et je savais que je n'irais pas en chercher. De plus, hum...l'hypnose...ca marche comment exactement...? Un peu louche ce truc, non ? Et puis remourir une mort qui à été peut-être attroce, est-ce bien raisonable ? J'ai donc décidé de faire confiance à mon intuition, et de clore l' "affaire Raspoutine" sans passer par l'étape hypnose...
...et je me suis recentré sur ma vie professionnelle. Justement, un membre de l'équipe venait de partir, et un autre venait d'arriver. Comme c'est moi qui étais chargé de l'intégration de ce petit nouveau dans l'équipe, nous avons rapidement sympathisé. Tellement, qu'un jour il s'est risqué à m'avouer l'activité de sa maman : Astrologue et Hypnothérapeute.
Le destin est têtu.
Rapidement, je me suis retrouvé au téléphone avec la maman - appelons la Franie - , convenant d'un rendez-vous pour une première séance de régression. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais j'avais quand même quelques idées préconçues sur le sujet. Toutes fausses, bien sûr.
Première surprise : l'hypnose qu'on voit dans les films, c'est surtout bon pour le spectacle. Il y a une grande variété de niveaux dans la profondeur de l'hypnose, certains plus utiles que d'autres selon le but recherché. Pour ce qui concerne la régression que Franie allait pratiquer sur moi, une hypnose légère etait requise. L'objectif : rester conscient pendant toute la durée du processus, de façon à ce que l'esprit reste, en quelque sorte, agile.
Deuxième surprise : une fois la séance terminée, le processus continue. Pendant la séance, des images livrées par l'inconscient remontent à la surface. Après la séance, l'inconscient comble les trous, et livre les morceaux manquants, et peut même apporter des réponses.
Mais n'anticipons pas.
Me voici au rendez-vous. Je lui demande d'entrée de jeu si le fait d'avoir une idée sur une de mes vies antérieures ne risque pas de fausser les resultats. Elle me répond tout net : "à la seconde ou tu vas fabuler, je le saurais". Ce qui se révèlera vrai.
Après un bref questionnaire d'usage, je m'allonge confortablement, avec une petite couverture sur moi. Pourquoi une couverture ? Parce que si l'esprit n'est pas endormi, le corps, lui, est dans un état suffisament léthargique pour se refroidir, ce que je constaterai d'ailleurs rapidement.
La séance débute alors. Après la période de relaxation, surviennent les mots fatidiques : "dors, maintenant...", et je sens d'un coup mon esprit qui plonge dans une sorte de profondeur à l'intérieur de moi-même, pour revenir aussitôt en surface. La séance peut réèllement commencer. Franie dirige la séance avec expérience, rodée qu'elle est par des années de pratique.
L'exploration commence.
Un froid intense m'envahit soudain. Aussitôt, je me perçoit en train de naviguer sur une rivière. Naviguer ? En fait, j'avance à contre courant. Je ne navigue pas, j'ai plutôt l'impression de survoler. Ca ne colle pas ! Sur l'eau, on flotte, on ne vole pas ! Imperturbable, Franie continue la séance, m'enjoignant de mettre la partie analytique de mon cerveau en veilleuse, et de simplement laisser les images se présenter à moi. Elle avait déja compris, je pense.
Je continue de flotter au dessus de la rivière. Puis, je me rapproche d'un pont...et je commence à m'élever. Sur le pont, il y a un véhicule que je ne distingue pas. Je perçois trois personnages. L'un d'eux fait un geste curieux : il semble jetter quelque chose par dessus le pont. Mais ses mouvements sont accélérés, comme dans les vieux films muets de Charlie Chaplin. Je continue de monter. Je suis maintenant au dessus d'eux. Autour de moi, c'est gris. Je perçoit de la brume. Je continue de monter. Au loin, je sais qu'il y a une grande ville. Une grande tristesse m'envahit soudainement. Cette ville, je l'aime. Elle me semble repliée sur elle, faite de grosses pierres, perdue au milieu de nulle part.
Et brutalement, je suis aspiré par le haut. La scène disparaît sous moi en un point. Je ne distingue plus rien.
"Tu es mort", m'annonce Frannie. Puis, elle met fin à la séance. "Ton subconscient va continuer à travailler dans les jours à venir ; c'est toi qui va assembler les morceaux" !
Elle n'a pas mentit. Dans la semaine, tout ce qu'il y avait à comprendre de cette première séance etait clair dans mon esprit. En voici un résumé.
La séance m'a fait revivre (si je puis dire) une de mes morts précédentes. Cette mort à eu lieu dans une rivière gelée. Ce qui flotte à la surface de la rivière, c'est mon esprit. Le corps, lui, doit être quelque part derrière. L'un des trois personnages est une femme de mon entourage actuel. Dans la régression, c'est un homme ; je l'ai perçu comme faible. Tous les personnages sont habillés chaudements. Les mouvements que j'ai perçu en accéléré le sont parce que je ne suis plus dans le même espace tridimensionnel que les autres. Je suis en train de quitter le plan terrestre, et ma perception du temps change.
A la suite de cette séance, il me restait à confronter ce que j'avais vécu sous hypnose avec ce qu'on sait de la mort de Raspoutine.
La nuit du drame, le corps de Raspoutine a fini dans une rivière. C'était en décembre, et celle-ci etait probablement gelée partiellement. Tout ca correspondait donc très bien. De plus, on sait qu'il n'est pas mort dans le palais, mais bel et bien noyé dans la rivière. Un détail, toutefois, me chiffonnait : qu'avait bien pu jeter le personnage par dessus le pont ? N'ayant trouvé aucune réponse dans mon livre, j'ai fouillé ailleurs. Et j'ai fini par découvrir ce qui a été jeté dans la rivière : les bottes de Raspoutine. Elles avaient été retirées lorsqu'ils ont enroulé le corp dans des tapis pour le transporter, et les protagonistes avaient failli oublier de les faire disparaître elles aussi.
La ville, au loin, etait Saint Petersbourg. En faisant des recherches, j'ai appris qu'elle avait été édifiée au milieu des marécages, raison pour laquelle je l'avais perçu comme isolée, et noyée dans la brume. Elle est faite principalement de pierres, qu'il fallu à l'époque amener en quantités industrielles.
J'ai pris un autre rendez-vous avec Franie. Une séance, c'etait trop peu, trop court...